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Guide de survie grammaticale

Une description de travail organisée des fondations jusqu'à la syntaxe et la pragmatique.

Guide de survie grammaticale

Ce guide est une carte compacte de la grammaire du blaken pour les lecteurs qui doivent comprendre un texte écrit en blaken sans lire toute la grammaire de référence. Il ne remplace pas les chapitres complets : il sert à survivre à un texte réel, à reconnaître les pièces principales et à savoir où chercher ensuite.

Première lecture

  1. Trouver l'événement ou l'état principal, qui apparaît normalement très tôt.
  2. Vérifier si la phrase suit l'ordre préféré VSO : événement, sujet marqué, objet ou compléments.
  3. Repérer les noms marqués par -blum ou -prum. Si seul blum ou prum apparaît, le sujet peut être omis mais récupérable.
  4. Lire les groupes avec tin, os, to, ex et wy.
  5. Diviser les mots longs en racines, suffixes dérivationnels et terminaisons événementielles.
  6. Faire d'abord une lecture structurelle littérale, puis une traduction plus fluide.

Si deux lectures sont possibles, garder celle qui correspond le mieux au discours, au dictionnaire et aux notes du texte.

Quel type de langue c'est

Le blaken est une langue de racines monosyllabiques, de composition productive, de postpositions et d'alignement actif-statif. En lecture pratique :

TraitCe que cela signifie en lisant
racine = morphème = syllabeun mot long se divise souvent en racines d'une syllabe
ordre VSO préférél'événement vient souvent avant le sujet et l'objet
alignement par posture-blum et -prum comptent plus que la position du nom
pas d'accusatif ordinairel'objet n'a normalement pas de marque spéciale
pas de pluriel obligatoirela pluralité s'exprime par le contexte, des racines comme pol "beaucoup", ou des formes lexicales comme wopol
pas de temps verbal obligatoire-ken, -tan, -bu, -tu marquent l'aspect et l'évidence, pas un passé/présent/futur rigide
pas de pronoms ferméswo, nas, sen, kro, nur, les noms propres et les rôles fonctionnent comme des noms référentiels

Il ne faut pas imposer trop vite les catégories françaises au blaken. Lire d'abord quel événement apparaît, quelle posture marque le participant et quelles relations spatiales ou discursives entourent la phrase.

Écriture et recherche dans le dictionnaire

Le blaken est souvent écrit en Simple Encoding, une orthographe facile à saisir au clavier et utilisée dans beaucoup de brouillons et de pages du site. Chercher d'abord dans le dictionnaire par la forme simple_encoding : blin, fex, kim, sje, grom. Le dictionnaire montre aussi la transcription API et les formes MonoBlaken. Les traiter comme des graphies parallèles de la même entrée lexicale.

Racines et formation des mots

Le blaken est très fondé sur les racines. Les racines seules fonctionnent comme des noms, et beaucoup de mots sont des composés plutôt que des lemmes indépendants.

SchémaLecture
racine + racineconcept composé
racine + -koadjectif relationnel ou propriété
racine + -blométat résultant ou totalisé
racine + -bleopotentiel, possibilité ou capacité
réduplicationintensité, répétition, manière, rythme discursif ou extension adjectivale/adverbiale d'une racine

Exemples :

  • grom = nourriture, manger (racine).
  • gromko = lié à la nourriture, semblable à la nourriture.
  • gromblom = mangé, nourriture comme état résultant.
  • grombleo = comestible, possible comme nourriture.
  • gromgrom = d'une manière alimentaire ou comme manger.

La tête sémantique d'un composé nominal se trouve souvent à la fin. Par exemple, an-dom se comprend comme un type de dom "lieu" : le ciel comme lieu d'en haut. Si un mot semble trop long, essayer de le séparer en racines d'une syllabe avant de chercher la forme entière.

Noms, nombre et pluralité

Les noms n'ont pas de marque régulière équivalente au -s français. Une racine nominale peut renvoyer à un seul référent, à plusieurs, à une classe ou à une masse, selon le contexte.

StratégieExempleLecture
nom sans marque pluriellekim, wa, monarbre/arbres, montagne/montagnes, chose/choses selon le contexte
pol / polkopolko tcubeaucoup d'enfants, beaucoup d'êtres
racine référentielle pluriellewopolnous, littéralement un moi locuteur pluriel ou collectif
répétitionlaonlaon, polpolintensité, grande distance, abondance ou rythme discursif

Donc "il n'y a pas de pluriel" veut dire qu'il n'y a pas de pluriel grammatical obligatoire sur les noms. Une lecture plurielle peut tout de même être présente quand le lexique, un quantificateur ou le discours l'exige.

Terminaisons événementielles

Le blaken marque la manière dont l'événement se déroule et le rapport de la personne qui parle à l'évidence.

FormeFonctionLecture pratique
racine + kenimperfectif, évidence directeest/fait, connu ou constaté directement
racine + tanperfectif, évidence directea fait, s'est produit, s'est achevé
racine + buimperfectif, inférésemble faire, est inféré
racine + tuperfectif, inférésemble avoir fait
racine + raincertitude ou questionfait/fera/pourrait ?

Exemples :

  • mimken = voit/observe, directement et imperfectivement.
  • mimtan = a vu, achevé et connu directement.
  • mimra = voir ? pourrait voir ?, incertain ou interrogatif.

Le verbe ne s'accorde ni en personne ni en nombre. La personne et la posture se lisent dans le nom marqué : woblum, woprum, senblum, wopolblum, etc.

Ordre de base : VSO flexible

L'ordre préféré du blaken est VSO : d'abord l'événement, puis le sujet marqué, puis l'objet ou les compléments. Cette préférence correspond à l'idée que ce qui arrive compte avant celui qui le contrôle.

SchémaLecture
événement sujet-blum objetquelqu'un fait quelque chose intentionnellement
événement sujet-prum objetquelqu'un éprouve, reçoit ou est affecté
cadre, événement sujet-marquéun cadre adverbial ou locatif peut apparaître avant l'événement
événement blum/prum ...le sujet est omis, mais la posture reste visible

Exemples :

  • Blinken woblum nas = je t'aime attentivement / intentionnellement.
  • Tcinphleomvom, kjes kurtin glelglel kurken wopolblum = comme de petits pétales, nous avançons avec fluidité à travers le vent.
  • Tin ex, extan blum, kentan blum glwaomdom = depuis l'intérieur, nous sommes sortis ; nous avons fait des maisons. Ici le référent se récupère dans le discours et blum reste visible.
  • Pinpin omken prum = nous étions seuls / la solitude est apparue ; le participant se récupère et prum reste visible.

L'ordre peut varier parce que -blum et -prum aident à identifier le sujet. Mais si la phrase résiste, commencer par une lecture VSO.

Alignement et posture

Le blaken n'utilise pas un alignement nominatif/accusatif ordinaire. Un participant peut être marqué selon sa posture :

MarqueurValeur approximativeUsage
-blumattentif, volontaire, agentifquelqu'un agit intentionnellement
-prumréceptif, affecté, patientifquelqu'un ou quelque chose reçoit, subit ou éprouve

Ce n'est pas seulement grammatical. Cela exprime aussi l'attention, l'intention et la responsabilité.

Exemples :

  • mimken woblum kim = j'observe l'arbre.
  • mimken woprum kim = je vois l'arbre sans attention dirigée.
  • pumken woblum bla = j'écoute ou j'obéis à la parole.

Quand les deux lectures sont possibles, prum est souvent l'option la moins marquée si le locuteur ne veut pas affirmer l'intention. Avec des racines de perception et d'acquisition, le contraste peut changer la traduction : gjofken woblum fex signifie chercher le chat ; gjofken woprum fex signifie le trouver.

Dans le discours suivi, surtout dans les chaînes narratives ou poétiques, le nom référentiel peut être omis :

Forme complète attendueForme possible du corpusLecture
wopolblumblumnous/ils faisons quelque chose intentionnellement, si le référent est déjà actif
woprum / senprumprumquelqu'un éprouve ou est affecté, si le référent est déjà actif

Personnes et formes du moi

Le blaken ne dépend pas d'un système fermé de pronoms. Il utilise des noms référentiels ouverts et des racines du moi.

FormeLecture
womoi ordinaire
wopolpremière personne du pluriel, nous
kromoi plus profond ou centré
nurmoi assourdi, diminué ou épuisé
balmoi audacieux, impulsif ou risqué
nastu, destinataire
senpersonne, personne formelle ou neutre
pheonhumain/personne, souvent plus chaleureux que sen

Les noms propres et les termes culturels doivent être vérifiés dans le dictionnaire et dans les notes du texte source.

Postpositions

Les postpositions blaken sont des ancres sémantiques. Elles ne correspondent pas une par une aux prépositions françaises.

FormeValeur fréquenteLecture pratique
tindans, en, situé à l'intérieur delieu, contenance, relation interne
osvers, pour, adressé àbut, destinataire, bénéficiaire, point final
toavec, associé à, possession/accèsassociation, accompagnement, possession lâche
exde, depuis, origineorigine, cause, dérivation, séparation
wysans, dépourvu deabsence, privation

Lire toujours la relation depuis le contexte. to peut devenir "avec", "de", "pour" ou une possession lâche. tin peut être un lieu physique, une structure interne ou un état contenu en quelqu'un.

Ces racines relationnelles peuvent aussi devenir des événements : token "accompagner/être-avec", osken "s'orienter vers/atteindre", tinken "entrer dans/internaliser", exken "sortir de/provenir de".

Modification relative et relationnelle

Le blaken n'utilise généralement pas de pronoms relatifs dédiés comme "qui", "que" ou "lequel". Les sens que le français exprime avec des propositions relatives se construisent souvent comme des modificateurs centrés sur un nom et placés avant le nom-tête.

SchémaLecture pratique
modificateur + nom-têtele nom-tête est compris à partir de la description précédente
modificateur + to + nom-têtenom-tête associé au modificateur, caractérisé par lui, ou l'ayant
modificateur + ex + nom-têtenom-tête dont l'origine, la raison ou l'arrière-plan est le modificateur
modificateur + tin + nom-têtenom-tête situé dans, contenu dans, ou structurellement à l'intérieur du modificateur
modificateur + os + nom-têtenom-tête orienté vers, adressé à, ou destiné au modificateur
modificateur + wy + nom-têtenom-tête dépourvu du modificateur, séparé de lui, ou sans lui

Un cadre d'analyse utile est :

participant/domaine + événement ou état + marqueur relationnel optionnel + nom-tête

Le marqueur relationnel n'est pas un relativiseur séparé. Il indique le type de lien que le lecteur doit reconstruire. to est le marqueur le plus large et couvre souvent des sens comme "avec", "de", "associé à" ou "qui a". Quand la relation est évidente, le blaken peut omettre le marqueur et laisser la juxtaposition faire le travail.

Lire ces structures d'abord comme des descriptions nominales compactes, puis les développer en proposition relative dans la langue de traduction si nécessaire.

États, existence et désir

Le blaken exprime souvent des sens modaux ou psychologiques comme des états situés dans un participant.

SchémaLecture structurelle
domken X A tinX existe/est présent dans A, un lieu ou un locus
omken X A vomX apparaît ou est construit d'une manière ou dans un état semblable à A
domken nha-prum wo tinun désir/besoin existe en moi
pudomken X A tinX n'existe pas dans A

Une traduction fluide peut donc exiger des verbes comme "vouloir", "avoir besoin de", "sentir", "sembler" ou "être", même si la structure blaken parle littéralement d'existence ou d'apparence.

Exemples de lecture :

  • Omken tcinwamprum wo tin = une petite joie apparaît en moi.
  • Koldom domnha wo tin = le désir de Koldom existe en moi.
  • Tatako dzoldomnha wo tin = le désir que tata aille bien existe en moi.

Dans ce type de phrase, wo tin ne veut pas dire "je fais", mais "en moi / dans mon locus".

Questions

Les questions utilisent souvent ra plutôt que des mots interrogatifs spéciaux. Le nom voisin indique le domaine.

Stratégie en blakenLecture française possible
domra ... ?où/quand/y a-t-il...?
laodomra ... ?quand / à quel moment...?
kurra ... ?aller ? / pourrait aller ?
racine + raévénement incertain ou interrogatif

Négation et absence

La négation peut s'exprimer par pu ou par une morphologie d'absence.

FormeLecture
pu / pu-ne pas, négation
wyabsence, manque, sans
racine + -wydépourvu de cette racine

Exemple :

  • pudomken numprum tin = la tristesse n'existe pas là / il n'y a pas de tristesse là.

Chaînes d'événements et parataxe

Le blaken peut placer des événements les uns après les autres sans conjonction équivalente à "et". La relation se récupère par l'ordre, le contexte, les particules discursives et les pauses.

SignalUsage
virgulepause entre groupes d'événements
sasacontinuation ou étape suivante
axaxcontraste, correction ou tournant
répétitionrythme, intensité ou continuité
sɨ eχ / sy exde ceci, à cause de ceci, scène suivante

Ne pas traduire chaque pause par "et". Parfois une série d'événements fonctionne comme une seule expérience.

Particules discursives

Certaines petites formes organisent le flux du discours plus qu'elles n'encodent une logique stricte.

FormeValeur discursive fréquente
sasaalors, donc, puis, continuation
axaxmais, cependant, contraste correctif
sy exde ceci, à propos de ceci, à partir de ceci
trjomtrjomavec le temps, à plusieurs reprises, encore et encore

Les traduire par leur fonction, pas par un mot fixe.

Carte minimale par chapitre

Si tu dois choisir quel chapitre complet consulter, utilise cette carte :

ThèmeLire pour survivre
Phonologiechaque morphème est une syllabe ; les composés longs se lisent syllabe par morphème
OrthographeSimple Encoding, API et MonoBlaken sont des couches parallèles ; ne pas mélanger les valeurs sans note
Morphologieles racines se dérivent avec -ko, -blom, -bleo, les terminaisons événementielles et la composition
Nomsil n'y a pas de pluriel ni de cas accusatif obligatoires ; la relation se lit par les marqueurs et le contexte
Adjectifs-ko est propriété, -blom résultat, -bleo potentiel, -wy absence
Verbesil n'y a pas de temps/personne obligatoires ; ken/tan/bu/tu/bla/ra marquent l'aspect, l'évidence ou le doute
Alignementblum et prum marquent la posture du sujet ; ils peuvent rester seuls si le sujet est omis
Syntaxeordre VSO préféré, phrases existentielles, nominaux événementiels et parataxe
Pragmatiquenoms, particules, répétition et citations marquent proximité, distance, contraste et rythme

Mini corpus pour reconnaître les schémas

Ces exemples viennent de textes du corpus et montrent des schémas fréquents :

ExempleCe qu'il faut regarder
Tcinphleomvom, kjes kurtin glelglel kurken wopolblumcadre initial + événement + sujet wopolblum
Tin ex, extan blum, kentan blum glwaomdomsujet omis, mais blum conserve la posture
Pinpin omken prumprum seul avec participant récupérable
Vlysdom tin pudomken gwoko phleomtrjomexistence niée avec pudomken
Tatako dzoldomnha wo tin, axax ...désir situé dans wo tin et contraste avec axax
Pheolhes osken woblumracine relationnelle os utilisée comme événement : s'orienter vers une voie